Fenêtre hommage

Un ami à moi s’est défenestré, et maintenant il me manque

Il me pantinisait à sa guise quand il faisait froid, mais j’ai rencontré d’autres marionnettes dans mon plus simple appareil, j’ai offert mon corps au nom de son art

Et maintenant, je suis coincée

Il n’y a plus sa personne mais il reste son œuvre

Les hommages pleuvent statiques et lourds, mais moi, face collée contre les arbres suintants des parcs dans lesquels je suis entrée par effraction avec lui

J’ai couru les risques et j’ai porté les stigmates des shootings sur ma chair quelconque, et comme les 1000 autres anonymes, j’ai obéi aux ordres secs et sûrs de l’auteur de son œuvre

Nous l’avons envoûté par nos visages ronds et chauds

Mais il s’est écrasé sur le goudron froid et plat de la ville en effervescence

Et en suspension sur la symbolique poétique du dernier envol, nous nous savons tremplin de son ascension.

Je n’ai jamais été autant poignardée par la mort que maintenant que je découvre qu’il a opté pour la fenêtre 

Et par mes hommages dans les ciels sales de Paris la tentaculaire, même si mon souffle même n’est rien dans le renom de son être

Je le sais, j’ai touché son cœur par la flamme de mes yeux

Ma tendresse est immense malgré la violence criarde des URL qui annoncent :

ren-hang-est-mort